Palestine, Gaza, les effets du 7 octobre 2023

English version

Depuis le 7 octobre 2023, majoritairement, se sont exprimées des positions plus indignes les unes que les autres. Bien sûr, prima facie, les actes perpétrés sont hors de l’entendement ; la douleur dépasse la limite du possible. Dans la plupart des expressions émerge une demande irrépressible de vengeance ; une vengeance réactionnelle, dans l’urgence. Laver le sang, laver les traces, hurler, exiger un traitement tout aussi insupportable pour tenter de continuer à respirer. Il faut agir, peu importe l’irraison. On parle de terrorisme, de djihadisme, les media participent à cet amalgame ; qui des partis politiques emportera la bataille en utilisant le champ lexical de la mise au ban de l’humanité de ces jeunes, mais surtout du Hamas ?   Qui trouvera le mot le plus juste pour être au plus près des propos du ministre israélien de la Défense, pour qui les « terroristes ne sont que des animaux ». La mort sera leur sentence. On devrait tous se faire écho de cette affirmation, peu importe si elle représente un total déni de justice et de déshumanisation flagrante. Ne pas adhérer à cet halali est suspect et désigne celui qui la tient à la vindicte publique. Il faut choisir son camp. Pour ou contre ? c’est d’ailleurs bien ce que confirme le garde des Sceaux dans la Circulaire relative à la lutte contre les infractions susceptibles d’être commises en lien avec les attaques terroristes subies par Israël depuis le 7 octobre 2023, envoyée le 10/10/23 à l’ensemble des personnels de Justice.

Vouloir dissocier le Hamas du peuple palestinien revient à imposer l’idée que les membres du Hamas ne sont pas Palestiniens, que leur combat ne s’inscrit pas dans celui de ce peuple;  cette terminologie des dominants imposant un storytelling à leur avantage vise à délégitimer le droit à la résistance des Palestiniens, où qu’ils se trouvent- en commettant, éventuellement, des actes graves qui s’inscrivent dans la lutte contre une occupation illégale et illicite mais aussi contre un blocus tout autant illégal ; faut-il rappeler à la communauté internationale et à tous les bien-pensants lançant des cris d’orfraie devant les images accablantes défilant sur les écrans télévisés qu’ils participent à la violation du droit de la guerre pour ne pas s’opposer à la mise en place du blocus sur Gaza ? Ce blocus ne respecte pas certains des articles de la Quatrième convention de Genève dont l’interdiction de restreindre la transmission de produits alimentaires, de médicaments et d’autres formes d’aide (articles 23, 38 et 55); l’entrave des évacuations d’ordre médical (article 17); et celle visant à interdire aux civils de quitter la zone de guerre (article 35) et de pourvoir à leur subsistance (articles 39 et 52) .

Ce faisant, ils participent, par un silence complice, à la déstructuration et à la délégitimation du droit international concernant entre autres, le droit à la résistance du peuple palestinien. Il est important de rappeler et d’affirmer un attachement fondamental aux normes du droit international qui régule et doit continuer de réguler les rapports de force, même si pour certains c’est vain et illusoire ou pour d’autres obsolète ou incorrect. Devant les entreprises de déstructuration et de destruction de ce qui a garanti des relations internationales prenant en compte le bien de l’humanité et son évolution, il faut bien redire l’importance d’outils tels que le droit international et le droit humanitaire international. Le monde, dans son ensemble, n’a jamais été aussi proche de les perdre et d’ouvrir ainsi la porte à des rapports de force basés sur la domination, la loi du plus fort, le règne de l’entreprise privée au détriment du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la non ingérence dans les affaires internes d’un Etat et des droits humains. (Qu’en est-il aujourd’hui du droit de résister et du droit de se défendre ? le cas de la Palestine, Mireille Fanon Mendes France, 2007, consultable ici).

La communauté internationale assume peu ses responsabilités politiques internationales face aux innombrables violations dont est victime l’ensemble des Palestiniens, peu importe l’endroit où ils vivent, leur âge ou leur statut social. Ils n’ont globalement aucun droit, à moins que le gouvernement israélien ne le décide. Et surtout d’intifada en intifada, de normalisation en mesures d’exception, les Palestiniens voient à la fois leurs droits -dont celui de se déplacer- se réduire comme peau de chagrin, et être confrontés à une politique d’apartheid que les Israéliens refusent de nommer, au prétexte qu’ils ont l’obligation de se protéger des terroristes palestiniens ; droit que leur reconnaissent nombre de pays occidentaux auxquels s’associent leurs alliés. Tout est possible, tout est permis pour l’Etat d’Israël ; cet état de grâce permanent est le symptôme d’une Europe qui ne s’est jamais pardonné d’avoir produit des monstres qui n’ont eu de cesse de chasser les citoyens européens de culture juive vers un pays qui a vu sa naissance sous des auspices pour le moins houleux avec pour conséquence le départ forcé, la Naqba,  de milliers de Palestiniens qui ont dû abandonner leurs terres, les mains vides, sans espoir de retour dans les maisons dont certains d’entre eux ont gardé, près de leur cœur, les clés. 

Ce crime atroce, mais est-il plus atroce que ceux perpétrés depuis plus de soixante ans contre les Palestiniens ; qui s’émeut des 230 Palestiniens tués depuis le début de l’année 2023 ? Qui s’émeut des 3 000 Palestiniens tués, dont plus de 1 000 enfants, depuis le 7 octobre dans la Bande de Gaza ? L’humanité des uns ne vaut elle pas l’humanité des autres ? Les guerres permanentes menées par les tenants de l’impérialisme, qu’elles soient de haute ou de faible intensité contre les peuples et contre les gens, démontrent bien qu’il y a une hiérarchisation entre les Êtres et les Non Êtres. Le système de domination ne peut fonctionner sans ce paradigme de segmentation dont les critères de répartition ne sont plus seulement fonction de la race, de la classe ou du genre mais de la religion, qui a fait brusquement irruption. Ce critère n’est pas le fait des peuples mais des dominants qui se sont érigés défenseurs d’un modèle démocratique ne faisant plus sens car ce sont eux qui l’ont perverti en se servant de l’antienne de la démocratie comme un des éléments assurant la légitimité du système financier.   

Dans ce contexte, peu importe les violations graves des droits fondamentaux des Palestiniens, sacrifiés pour donner bonne conscience aux Européens, incapables que sont ces derniers à prendre les décisions adéquates pour contrer une occupation illégale. Cet état de fait perdure. Dès lors, si l’on veut correctement et nommer et apporter une réponse adéquate à cet acte, il faut prendre en charge les conditions historiques du déni du droit fondamental que rencontre la Palestine tout en les croisant avec l’impéritie d’une communauté internationale tremblant devant la crainte de se faire traiter d’antisémite, avec son refus de trouver une solution digne pour les Palestiniens qui sont les victimes du plan de partage de 1947 et de toutes ses conséquences. On ne peut bien sûr passer sous silence l’impossibilité pour l’Autorité palestinienne de faire entendre une voix claire et de résistance face aux obligations que lui imposent les différents bailleurs de fonds et face aux violations systématiques du droit international et pour lesquelles la communauté internationale fait semblant de croire que le peuple palestinien est « terroriste » et ne doit plus résister. Peuple sacrifié au profit d’un Etat qui a acquis sa légitimé par l’incompétence d’une Société des Nations et d’une ONU, toute nouvelle, qui n’a jamais voulu résoudre la question des terres palestiniennes volées par la colonisation et l’occupation illégales.  

Le crime commis le 7 octobre force, si l’on veut répondre correctement à celui-ci, à interroger les conditions de l’occupation ayant mené des Palestiniens à cet acte hors du commun et sur celles de ce passage à l’acte, tel que pourrait le commettre toute personne hors de contrôle depuis trop longtemps car l’imposition d’un traumatisme -quelle que soit sa nature- la dépasse.  Que signifie vivre sous occupation depuis plus de soixante ans ? Que signifie avoir été confronté à la guerre permanente ? Quel type de résilience peut il se construire dans une guerre contre les corps, les peuples ?  

Tous ceux donnant des leçons et se retranchant derrière la démocratie, se sont ils une fois interrogés sur la capacité collective qu’ont des Etats se revendiquant « démocrates », humanistes, et s’identifiant comme portant la Modernité euro centrée, à produire/provoquer de tels actes dépassant l’entendement ?

Vivre, grandir, travailler, mourir à Gaza. L’alternative est sans appel.

L’occupation de la Palestine a engendré une tragédie de laquelle a jailli l’horreur mais ce n’était pas sa première expression. Le peuple palestinien vit l’horreur en quotidien. Quel degré dans l’horreur va gravir l’occupant en jetant ce peuple et particulièrement celui de Gaza, dans un enfer encore plus cruel que celui dans lequel il vit depuis 2017 ? Privation de nourriture, d’eau et d’électricité cela revient à achever la vie de millions de personnes alors qu’elle ne tient qu’au fil de l’aide arrivant de manière erratique selon le bon vouloir des occupants. Forcer les Palestiniens à quitter leur vie à Jabalya revient à imposer ce qu’avait imposé l’occupant allemand aux Polonais juifs en les parquant dans le guetto de Varsovie. L’histoire se répète et se répètera tant que le système de domination sera celui imposé par le système capitaliste, racial et libéral. 

Si vous êtes Palestinien, votre droit à la vie sera revisité par les occupants mais aussi par les alliés d’Israël qui ne vous accueilleront que si vous montrez patte blanche. Il est beaucoup exigé du Palestinien et que dire du Palestinien vivant à Gaza ! ce dernier est forcément un terroriste ; cette catégorisation est admise aussi bien par une grande majorité des politiques que par les media mainstream se repaissant d’informations approximatives.  Qui demain sera le prochain monstre sur lequel l’humanité bien pensante, blanche et dominante fera ses dents pour rester maître du jeu de la domination.

Pendant ce temps, les Palestiniens continueront à être emprisonnés, tués, parqués, affamés, mis sous embargo sans que cela ne dérange quiconque. La normalisation de la religion comme nouvelle catégorie de domination fera flores et les ministres de l’intérieur et de la justice continueront à réprimer, à réduire les libertés, dont celle de penser, à coups de décrets plus indignes les uns que les autres. La solidarité internationale, frileuse, continuera à échanger à coup d’arguties inutiles pour savoir si ce qui a été commis est soutenable ou non, au point d’oublier que tout peuple occupé a le droit de résister et particulièrement face à un « Etat qui, avec les Etats-Unis et certains pays européens, a l’honneur d’avoir à sa tête des criminels de droit international, ce qui ne fait pas honneur à la démocratie tant prônée par ces mêmes pays. Une politique d’agression et de domination coloniale est substantiellement incompatible avec la démocratie : on ne peut être démocrate et en même temps, soumettre les peuples à la domination coloniale, et mener des politiques d’agression d’occupation et d’apartheid (Qu’en est-il aujourd’hui du droit de résister et du droit de se défendre ? le cas de la Palestine, Mireille Fanon Mendes France, 2007, consultable ici)  

Sans oublier quel’Assemblée générale de l’ONU ne s’est pas privée de souligner, dans sa Résolutions 1514 de 1960, « le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans leur accession à l’indépendance ». Ce désir d’indépendance s’applique indiscutablement au peuple palestinien qui résiste face à l’occupant israélien dans une lutte qui a toujours été inégale. De plus, rappelons que devant la domination coloniale et la violence exercée sur les peuples colonisés- et aujourd’hui encore sur le peuple palestinien- l’Assemblée générale a également affirmé que « …le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter des graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination… ». Cette prise de position s’applique à la lutte du peuple palestinien en vue de son autodétermination et de son indépendance. Il est opportun de rappeler, avec force, à l’Etat d’Israël et aux pays occidentaux qui cautionnent la politique d’apartheid et de domination coloniale du peuple palestinien, certains des termes de la Résolution 1514 -mentionnée ci-dessus- affirmant que « …la sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération internationales…. ». Pour que la Palestine ne disparaisse pas sous nos yeux, il faut faire pression pour que les Etats, amis d’Israël, cessent de leur fournir des armes et que la communauté internationale questionne sa responsabilité internationale dans la commission d’actes illicites sur plus de soixante dix années.

Prétendre s’inscrire dans une dynamique de changement de paradigme oblige, quoi qu’il en coûte, à affirmer un soutien à la Palestine résistante, même si l’acte du 7 octobre heurte. Lutter contre l’occupant, lutter contre l’apartheid nécessite quelques transgressions et quelques prises de risque. Ne regardons pas placidement, au prétexte que l’on ne peut rien faire ou que le peuple palestinien est un peuple terroriste, la Palestine être rayée de la carte. Le vieux projet de repenser le Moyen Orient ne peut être réifié en sacrifiant un pays qui a lutté et lutte de toutes ses forces pour retrouver sa dignité, son autodétermination et sa souveraineté politique. On ne peut aussi faire d’amalgame entre victime et agresseur. Ne pas se laisser happer par des positions dominantes culpabilisantes et sans cesse répéter que la situation ne pourra changer que si l’Etat d’Israël stoppe son occupation illégale et retourne hors de la frontière de 1967.

Il serait temps que tous les Etats, ayant endossé le manteau de la morale et de « la loi et de l’ordre », comprennent que le processus de libération de la Palestine est à la fois inévitable et nécessaire à la marche d’un monde se ruant vers le chaos qu’il a lui-même provoqué.  Le monde n’a d’alternative que de périr par la mise en place de politiques mortifères ou de vivre sachant que le pari de l’espoir et de la vie n’existera pour la Palestine, pour Haïti et l’ensemble des pays sous colonisation, dont tous ceux détenus par la France, que si le respect du droit international et du droit humanitaire international reprend toute sa fonction tout en retrouvant son importance afin que ces pays et leur peuple retrouvent la dignité qui leur a été volée par les colonisateurs. Ce sont les luttes de ces pays qui pourront certainement redonner au monde le courage de lutter pour une paix juste, humaine et durable.

Quand cessera l’agonie continuée de la Palestine et d’Haïti ?

Mireille Fanon Mendes France

Fondation Frantz Fanon

Ex UN Experte


Palestine, Gaza : the effects of October 7, 2023

Since October 7, 2023, a number of positions have been expressed, each more outrageous than the last. Of course, prima facie, the acts perpetrated are beyond comprehension; the pain exceeds the limit of possibility. What emerges from most of the expressions is an irrepressible demand for vengeance; a reactionary, urgent vengeance. To wash away the blood, to wash away the scars, to scream, to demand equally unbearable treatment in an attempt to continue breathing. We have to act, no matter how unreasonable. We talk of terrorism and jihadism, and the media play their part in this amalgam. Which of the political parties will win the battle by using the lexical field of the outlawing of these young people, but above all of Hamas? Who will find the right word to match the words of the Israeli Defence Minister, for whom « terrorists are nothing but animals ». Death will be their sentence. We should all echo this statement, no matter how much it represents a total denial of justice and blatant dehumanization. Not to adhere to this halali is suspicious and designates the person who holds it to public vindication. You have to choose sides. For or against? This is indeed what the Minister of Justice confirms in the Circular on the fight against offences likely to be committed in connection with terrorist attacks suffered by Israel since October 7, 2023, sent on 10/10/23 to all Justice staff.

Wanting to dissociate Hamas from the Palestinian people is like imposing the idea that the members of Hamas are not Palestinians, that their struggle is not part of that people’s struggle; this terminology of the dominant forces imposing a storytelling to their advantage aims to delegitimize the Palestinians’ right to resistance, wherever they may be – possibly by committing serious acts that are part of the struggle against an illegal and illicit occupation, but also against an equally illegal blockade; Do we need to remind the international community and all the right-thinking people who cry out in horror at the devastating images scrolling across the television screens that they are participating in the violation of the laws of war by not opposing the blockade on Gaza? This blockade does not respect certain articles of the Fourth Geneva Convention, including the prohibition on restricting the transmission of foodstuffs, medicines and other forms of aid (articles 23, 38 and 55); the hindrance of medical evacuations (article 17); and the prohibition on civilians leaving the war zone (article 35) and providing for their subsistence (articles 39 and 52).

In so doing, they participate, through complicit silence, in the destructuring and delegitimization of international law concerning, among other things, the Palestinian people’s right to resistance. It is important to recall and affirm a fundamental attachment to the norms of international law, which regulates and must continue to regulate the balance of power, even if for some this is vain and illusory, or for others obsolete or incorrect. In the face of efforts to destructure and destroy what has guaranteed international relations that take into account the good of humanity and its evolution, we need to reiterate the importance of tools such as international law and international humanitarian law. The world as a whole has never been so close to losing them, and thus opening the door to power relations based on domination, the law of the strongest, the reign of private enterprise to the detriment of the right of peoples to self-determination, non-interference in the internal affairs of a state and human rights (Qu’en est-il aujourd’hui du droit de résister et du droit de se défendre? le cas de la Palestine, Mireille Fanon Mendes France, 2007, available here).

The international community does little to assume its international political responsibilities in the face of the countless violations suffered by all Palestinians, wherever they live, whatever their age or social status. On the whole, they have no rights, unless the Israeli government so decides. And above all, from intifada to intifada, from normalization to exceptional measures, the Palestinians see their rights – including the right to travel – being whittled away, and are confronted with a policy of apartheid that the Israelis refuse to name, on the pretext that they have an obligation to protect themselves from Palestinian terrorists – a right recognized by many Western countries and their allies. Everything is possible, everything is permitted for the State of Israel; This permanent state of grace is the symptom of a Europe that has never forgiven itself for having produced monsters who have never ceased to drive European citizens of Jewish culture towards a country that saw its birth under stormy auspices, to say the least, resulting in the forced expulsion, the Naqba, of thousands of Palestinians who had to abandon their land, empty-handed, with no hope of returning to the homes to which some of them had kept the keys close to their hearts.

This atrocious crime, but is it more atrocious than those perpetrated against the Palestinians for over sixty years? Who is moved by the 230 Palestinians killed since the beginning of 2023? Who cares about the 3,000 Palestinians killed, including over 1,000 children, since October 7 in the Gaza Strip? Isn’t the humanity of some as good as the humanity of others? The permanent wars waged by the proponents of imperialism, whether of high or low intensity against peoples and people, clearly demonstrate that there is a hierarchy between Beings and Non-Beings. The system of domination cannot function without this paradigm of segmentation, whose distribution criteria are no longer based solely on race, class or gender, but on religion, which has suddenly erupted. This criterion is not the responsibility of the people, but of the ruling classes, who have set themselves up as defenders of a democratic model that no longer makes sense, because it is they who have perverted it by using the antiphon of democracy as one of the elements ensuring the legitimacy of the financial system.

In this context, it matters little that the Palestinians’ fundamental rights are seriously violated, sacrificed to ease the conscience of the Europeans, who are incapable of taking the appropriate decisions to counter an illegal occupation. This state of affairs persists. If we are to name and respond adequately to this act, we must take into account the historical conditions of the denial of the fundamental right that Palestine is facing, as well as the imperialism of an international community trembling before the fear of being called anti-Semitic, and its refusal to find a dignified solution for the Palestinians, who are the victims of the 1947 partition plan and all its consequences. Of course, we cannot overlook the fact that it is impossible for the Palestinian Authority to make a clear voice of resistance heard in the face of the obligations imposed on it by its various financial donors, and in the face of the systematic violations of international law for which the international community pretends to believe that the Palestinian people are « terrorists » and must no longer resist. A people sacrificed for the benefit of a state that has acquired its legitimacy through the incompetence of a Society of Nations and a brand-new UN, which has never wanted to resolve the question of Palestinian land stolen by illegal colonization and occupation.

If we are to respond correctly to the crime committed on October 7, we need to question the conditions of occupation that led Palestinians to commit this extraordinary act, and those of the act itself, which could be committed by anyone who has been out of control for too long, because the imposition of a trauma – whatever its nature – is beyond them.  What does it mean to have lived under occupation for over sixty years? What does it mean to have been confronted with permanent war? What kind of resilience can be built in a war against bodies and peoples? 

Have all those who give lessons and take refuge behind democracy ever questioned the collective capacity of states claiming to be « democrats », humanists, and identifying themselves as the bearers of Euro-centric Modernity, to produce/provoke such acts beyond all understanding?

Live, grow, work, die in Gaza. The alternative is irrevocable.

The occupation of Palestine has engendered a tragedy from which horror has sprung, but this was not its first expression. The Palestinian people experience horror on a daily basis. How much more horrifying will the occupier be to throw this people, and particularly the people of Gaza, into an even crueler hell than the one they’ve been living in since 2017? The deprivation of food, water and electricity is tantamount to ending the lives of millions of people, whose lives depend on the erratic arrival of aid at the whim of the occupiers. Forcing the Palestinians to leave their lives in Jabalya is tantamount to imposing what the German occupiers did to the Jewish Poles by confining them to the Warsaw guetto. History is repeating itself and will continue to do so as long as the system of domination is that imposed by the capitalist, racial and liberal system.

If you’re a Palestinian, your right to life will be revisited by the occupiers, but also by Israel’s allies, who will only welcome you if you show white patte . Much is demanded of Palestinians, and what can we say about Palestinians living in Gaza? They are inevitably terrorists; this categorization is accepted by the vast majority of politicians as well as by the mainstream media, which feeds on approximate information.  Who tomorrow will be the next monster on which right-thinking, white, dominant mankind will sink its teeth to remain master of the game of domination.

Meanwhile, the Palestinians will continue to be imprisoned, killed, parked, starved and embargoed, without this bothering anyone. The normalization of religion as a new category of domination will flourish, and the Ministers of the Interior and Justice will continue to repress and restrict freedoms, including the freedom to think, with decrees each more outrageous than the last.

International solidarity will continue to exchange useless arguments about whether or not what has been committed is sustainable, to the point of forgetting that any occupied people has the right to resist, particularly in the face of a « State which, along with the United States and certain European countries, has the honor of having at its head criminals of international law, which does no honor to the democracy so extolled by these same countries. A policy of aggression and colonial domination is substantially incompatible with democracy: one cannot be a democrat and at the same time subject peoples to colonial domination, and pursue policies of aggression, occupation and apartheid » (Qu’en est-il aujourd’hui du droit de résister et du droit de se défendre? le cas de la Palestine, Mireille Fanon Mendes France, 2007, available here).

And let’s not forget that the UN General Assembly, in Resolution 1514 of 1960, stressed « the passionate desire of all dependent peoples for freedom, and the decisive role of these peoples in their accession to independence« . This desire for independence unquestionably applies to the Palestinian people, who are resisting the Israeli occupier in a struggle that has always been unequal. Moreover, in the face of colonial domination and the violence inflicted on colonized peoples – and even today on the Palestinian people – the General Assembly has also affirmed that « …the process of liberation is irresistible and irreversible and that, in order to avoid serious crises, it is necessary to put an end to colonialism and to all practices of segregation and discrimination… ». This position applies to the Palestinian people’s struggle for self-determination and independence. It is appropriate to forcefully remind the State of Israel and the Western countries that support the policy of apartheid and colonial domination of the Palestinian people, of some of the terms of Resolution 1514 – mentioned above – affirming that « …the subjection of peoples to alien subjugation, domination and exploitation constitutes a denial of fundamental human rights, is contrary to the Charter of the United Nations and jeopardizes the cause of international peace and cooperation…. ».

So that Palestine does not disappear before our very eyes, we must exert pressure so that the States that are friends of Israel stop supplying them with weapons, and so that the international community questions its international responsibility in the commission of illicit acts over more than seventy years.

Claiming to be part of a dynamic paradigm shift obliges us, whatever the cost, to affirm our support for resistant Palestine, even if the act of October 7 offends. To fight against the occupier, to fight against apartheid, requires some transgressions and some risk-taking. Let’s not watch placidly as Palestine is wiped off the map on the pretext that nothing can be done, or that the Palestinian people are terrorists. The old project of rethinking the Middle East cannot be reified by sacrificing a country that has fought and is fighting with all its might to regain its dignity, self-determination and political sovereignty. Nor can we confuse victim and aggressor. We must not allow ourselves to be caught up in dominant, guilt-inducing positions, repeating over and over that the situation can only change if the State of Israel ends its illegal occupation and returns outside the 1967 border.

It’s about time that all states, having adopted the clothes of morality and « law and order », understood that the process of liberating Palestine is both inevitable and necessary to the march of a world rushing towards the chaos it has itself provoked.  The world has no alternative but to perish through the implementation of mortifying policies, or to live in the knowledge that the gamble of hope and life will only exist for Palestine, Haiti and all countries under colonization, including those held by France, if respect for international law and international humanitarian law regains its full function and importance, so that these countries and their people can regain the dignity stolen from them by the colonizers. It is the struggles of these countries that will surely give the world the courage to fight for a just, humane and lasting peace.

When will the continuing agony of Palestine and Haiti cease?

Mireille Fanon Mendes France

Frantz Fanon Foundation

Ex UN Expert

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