Lettre au premier ministre canadien sur la situation juridique de Hassan Diab

La Fondation Frantz Fanon dénonce une justice raciste et partiale dans le verdict affirmant que Hassan Diab est coupable d’un crime qu’il nie avoir commis, tout comme elle dénonce la demande de la France qui veut que le gouvernement canadien l’extrade pour qu’il purge sa peine en France. La justice française, après l’avoir détenu pendant 3 ans, sans procès, dans l’isolement le plus complet en violation, entre autres, des règles 43 et 44 de l’ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, l’a déclaré responsable d’un crime odieux dont le vrai coupable n’a toujours pas été recherché et dont de nombreux experts affirment qu’il n’en est pas l’auteur. Cet acharnement, dès qu’il s’agit d’un acte désigné comme « terroriste », montre bien comment la justice, et plus généralement le gouvernement, s’arrange avec les règles du droit et avec la vérité quitte à fonder son argumentaire sur des contre vérités. Si un procès est nécessaire pour les victimes et leurs familles, cela n’autorise pas à jouer avec le droit et encore moins avec la vie d’un homme qui du point de vue des dominants ne peut être que d’origine arabe et forcément de religion musulmane puisque l’attentat a touché une synagogue. L’Etat français marque une fois de plus son prisme essentialisant les personnes d’origine arabe -forcément de religion musulmane-, ce qui n’est rien d’autre que du racisme d’Etat, en se contentant de désigner un coupable d’origine libanaise alors que toutes les preuves prouvent qu’il ne peut l’ être. Les familles attendent toujours que justice leur soit rendue. Après 43 ans ce n’est toujours pas le cas.

Fondation Frantz Fanon

The Frantz Fanon Foundation denounces the racist and biased justice in the verdict stating that Hassan Diab is guilty of a crime he denies having committed, just as it denounces France’s request that the Canadian government extradite him to serve his sentence in France. The French justice system, after having detained him for three years, without trial, in complete isolation in violation, among other things, of rules 43 and 44 of the United Nations Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners, has declared him responsible for an odious crime for which the real culprit has still not been sought and for which many experts affirm that he is not the author. This relentlessness, as soon as it is a question of a « terrorist » act, shows well how justice, and more generally the government, arranges with the rules of the law and with the truth even if it means making them confess counter-truths. It throws this so-called culprit to the public vindictiveness. If a trial is necessary for the victims and their families, this does not authorize playing with the law and even less with the life of a man who, from the point of view of the dominant ones, can only be of Arab origin and necessarily of Muslim religion since the attack touched a synagogue. The French State marks once again its essentializing prism of the people of Arab origin -forcely of Muslim religion-, which is nothing else than State Racism, by being satisfied to designate a guilty person of Lebanese origin whereas all the evidence proves that he cannot be. The families are still waiting for justice to be done. After 43 years it is still not the case.

Frantz Fanon Foundation

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