Le Chili, les Mapuche et le gouvernement

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La Fondation Frantz Fanon s’est rendue par deux fois au Chili en décembre 2010 et en avril 2011 en tant qu’observateur aux procès de militants Mapuche, dont certains étaient membres de la CAM (Coordinacion Araucano Malleco), jugés pour des actes de résistance contre la militarisation et le vol de leurs territoires ancestraux mapuche. Il faut rappeler que devant la domination coloniale et la violence exercée sur les peuples colonisés- dont le peuple Mapuche- l’Assemblée générale des Nations unies a manifesté sa conviction que « (…) le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter de graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination (…) (A. G. résolution 1514 (XV), (1961) « déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux)». Le Chili se targuant d’être un Etat démocratique, ce qu’il défend avec fermeté aussi bien au Conseil de sécurité que dans le cadre du Conseil des droits de l’homme, engage sa responsabilité en maintenant le peuple mapuche sous domination coloniale. Les Mapuche se mobilisent, depuis plus de 50 ans, contre les projets d’investissement des sociétés transnationales dans les secteurs hydroélectrique et forestier.

A l’heure actuelle, des Mapuche sont détenus dans différentes prisons du pays,le plus souvent très éloignées de leurs familles, ce qui restreint leur droit de visite. Dans celle d’Angol où leurs conditions de détention sont inhumaines et inadmissibles,  les prisonniers politiques ont débuté une grève de la faim. Hector Llaitul (photo ci-dessous ; crédit personnel), leader de la CAM, qui a fait plusieurs séjours en prison, dont un en 2011 -c’est à cette occasion que la Fondation Frantz Fanon l’avait rencontré à Cañete-, a participé à cette grève de 45 jours. Il y a été mis fin le 11 janvier 2023. Hector Llaitul, en attente de son procès, est accusé d’atteinte à la sécurité de l’Etat -la loi 13/134 va donc s’appliquer-, de vol de bois et d’usurpation de terres. Il est intéressant de constater le volte-face d’un système étatique dominant qui joue avec ses obligations en inversant la charge de la preuve visant à faire de la victime le criminel !

Ils dénoncent aussi les emprisonnements arbitraires dont ils sont victimes, les persécutions permanentes qu’ils subissent, la négation de leurs droits coutumiers, droits qui ont été niés, voire éliminés au profit des formes occidentales du droit, avec une atteinte intensive sur tout ce qui touche au droit concernant le foncier. Ce droit, imposé aux peuples indigènes mais aussi aux peuples africains et plus généralement à tous les peuples colonisés, y compris en France – entre autres, avec les colonies que sont la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, la Guyane, Mayotte- a eu aussi pour conséquence la non reconnaissance des droits coutumiers face au monde extérieur. Une forme de colonisation ajoutée à l’acte colonial introduit dès 1492. 

La colonisation des terres mapuche remet en cause leurs droits fondamentaux dont leur droit à leur souveraineté et à leurs territoires ancestraux, reconnus par le droit international et protégés par la Convention 169 de l’OIT que l’Etat chilien a signée. Cette colonisation rappelle celle qu’ont subie leurs ancêtres lors de l’arrivée de ceux qui, venus de l’Europe blanche, prétendaient avoir découvert le ‘nouveau monde’ et affirmaient que le monde développé ne pouvait être guidé que par la Modernité eurocentrée. Rappelons qu’elle a été réalisée à l’issue de crimes de génocide et de vol, ce qui constitue en droit un acte illicite demandant réparations. Force est de constater que le combat des Mapuche, pour leurs terres, s’inscrit dans la continuité paradigmatique de la supériorité de la race et du capitalisme prédateur.  Leur lutte est aussi une lutte contre le racisme structurel et contre le capitalisme libéral. On aurait pu croire que leur situation s’améliorerait suite à l’élection du président Gabriel Boric ; n’avait-il pas, lors de son investiture, assuré que «notre génération est entrée dans la vie publique en exigeant que nos droits soient reconnus comme tels et ne soient pas traités comme des biens de consommation ? Et n’avait-il pas assuré ses concitoyens que seule une nouvelle constitution pourrait garantir la démocratie au Chili ? 

Si le projet de constitution est en attente, une partie du peuple chilien a de bonnes raisons d’être inquiet de ce nouveau projet constitutionnel lorsque l’on sait que la commission chilienne des droits humains, dans une déclaration soutenue par plus de 200 organisations du mouvement social ainsi que par de nombreuses personnalités, s’alarme de son contenu qu’elle juge anti démocratique et en totale opposition avec le droit à l’autodétermination du peuple chilien.

Entre temps, Gabriel Boric a été rattrapé par la « real politic » ; en minorité au sein du Parlement, confronté à une situation économique désastreuse qui creuse encore plus les inégalités, il se contente de proposer des mesures palliatives qui ne répondent pas aux attentes des mouvements sociaux. Face aux revendications anti coloniales et légitimes des Mapuche vivant toujours à l’intérieur de leurs territoires ancestraux, il suit la politique coloniales de ses prédécesseurs, entre autres en acceptant que son gouvernement envoie les forces militaires dans l’Aracaunie pour sécuriser les routes et protéger les convois des entreprises forestières et en déclarant, en mai 2022, l’état d’exception renouvelé tous les 15 jours et en passe de l’être pour une période de 6 mois. Décision soutenue par le parti communiste chilien. Cela n’appelle aucun commentaire.

En un mot il prête main forte aux propriétaires forestiers qui continuent leur expansion sur des territoires que l’Etat se doit de protéger. Et pour ce faire, rien de mieux que de prouver, par tous les moyens, que les Mapuche sont des terroristes, sont une menace, justifiant le recours à la loi anti-terroriste/13-134 adoptée par la dictature Pinochet et jamais abrogée : des mesures liberticides et attentatoires aux droits humains, incompatibles avec tout état démocratique ou qui s’affirme démocratique.

Peu importe la violation des normes impératives, dont la Charte des Nations Unies (Préambule de la Charte des Nations Unies, 26/06/1945), les deux Pactes internationaux de 1966 (Articles 1 et 2 ; Pacte international des droits civils et politiques et Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels) et le droit au développement (Déclaration sur le droit au développement, adoptée par l’Assemblée générale dans sa résolution 41/128 du 4 décembre 1986). Cette loi n’a jamais cessé d’être utilisée par les successeurs de Pinochet, dont Michelle Bachelet au cours de ses deux mandats (2006-2010 et 2014 – 2018). Cette dernière avait affirmé, en 2013, lors de sa course à un second mandat que, pour le Chili, « nous n’avons pas besoin de la loi antiterroriste ». Pourtant son gouvernement l’a convoquée, en janvier 2018, contre des dirigeants Mapuche en les accusant de trafic d’armes entre le Chili et l’Argentine. Il s’agissait d’une accusation basée sur des preuves fabriquées par les services de renseignements. Jusqu’à aujourd’hui aucune procédure n’a été initiée pour identifier les responsables politiques qui ont envoyé en prison, à la suite d’un procès expéditif, au moins huit responsables Mapuche.L’année suivante, Michelle Bachelet était nommée Haut-Commissaire du Conseil des droits de l’homme (2018-2022) ! Rien que de très normal dans un contexte général où la normalisation capitaliste, raciste et libérale vise à araser tout conflit, entre autres en imposant la lutte contre le terrorisme comme nouveau paradigme de la domination; l’objectif étant de limiter,  d’empêcher, voire d’éliminer l’exercice effectif des droits fondamentaux en criminalisant tout type d’activité, dont celle des Mapuche mais aussi celle des migrants, celle des racisés ou de tous ceux qui sont solidaires en agissant aux côtés des victimes de la colonialité du pouvoir et de l’Être. Peu importe la délégitimation et la déstructuration des normes impératives du droit international et du droit humanitaire international. Dans l’enceinte d’institutions comme l’ONU, le droit international apparaît nettement avec la fonction d’être utilisé, de plus en plus, comme un instrument de répression, cela est aussi vrai pour le droit national. Peu importe les rapports émis par des experts, des déclarations d’organisations, peu importe les mobilisations. L’ordre établi et guidé en majorité par les institutions financières internationales doit être entamé le moins possible par des revendications, et encore moins par celles émises par des Non Êtres, fussent-elles légitimes.

Mireille Fanon Mendes France

Co-chair Fondation Frantz Fanon

Ex UN Expert

Chile, los Mapuche y el Gobierno

La Fundación Frantz Fanon visitó Chile en dos ocasiones, en diciembre de 2010 y en abril de 2011, como observadora en los juicios contra activistas mapuches, algunos de ellos miembros de la CAM (Coordinadora Araucano Malleco), juzgados por actos de resistencia contra la militarización y el robo de sus territorios ancestrales mapuches.

Cabe recordar que frente a la dominación colonial y la violencia contra los pueblos colonizados -incluido el pueblo mapuche- la Asamblea General de las Naciones Unidas expresó su convicción de que « (…) el proceso de liberación es irresistible e irreversible y que, para evitar graves crisis, es necesario poner fin al colonialismo y a todas las prácticas de segregación y discriminación (…) (Resolución 1514 (XV) de la A. G., (1961) « Declaración sobre la concesión de la independencia a los países y pueblos coloniales) ».

Chile, que se vanagloria de ser un Estado democrático, y que lo defiende con firmeza tanto en el Consejo de Seguridad como en el Consejo de Derechos Humanos, ha cometido su responsabilidad al mantener al pueblo mapuche bajo la dominación colonial. Desde hace más de 50 años, los mapuches se movilizan contra los proyectos de inversión de las empresas transnacionales en los sectores hidroeléctrico y forestal.

En la actualidad, los mapuches se encuentran recluidos en diversas cárceles del país, a menudo lejos de sus familias, lo que restringe su derecho a recibir visitas. En la cárcel de Angol, donde sus condiciones de detención son inhumanas e inaceptables, los presos políticos han iniciado una huelga de hambre. En esta huelga de 45 días participó Héctor Llaitul (foto inferior; crédito personal), dirigente de la CAM, que ha estado varias veces en prisión, una de ellas en 2011, cuando la Fundación Frantz Fanon se reunió con él en Cañete. La huelga finalizó el 11 de enero de 2023. Héctor Llaitul, que está a la espera de juicio, está acusado de atentar contra la seguridad del Estado -por lo que se aplicará la ley 13/134-, robo de madera y usurpación de tierras. Resulta interesante observar la voltereta de un sistema estatal dominante que juega con sus obligaciones invirtiendo la carga de la prueba, ¡con el objetivo de convertir a la víctima en criminal!

También denuncian el encarcelamiento arbitrario del que son víctimas, la persecución permanente que sufren, la negación de sus derechos consuetudinarios, derechos que han sido negados o incluso eliminados en favor de formas de derecho occidentales, con un ataque intensivo a todo lo relacionado con el derecho de la tierra. Esta ley, impuesta a los pueblos indígenas, pero también a los pueblos africanos y, de manera más general, a todos los pueblos colonizados, incluso en Francia -entre otras, con las colonias de Martinica, Guadalupe, Reunión, Guyana y Mayotte-, también ha tenido como consecuencia el no reconocimiento de los derechos consuetudinarios frente al mundo exterior. Una forma de colonización añadida a la ley colonial introducida en 1492. 

La colonización de las tierras mapuches pone en cuestión sus derechos fundamentales, entre ellos el derecho a la soberanía y a sus territorios ancestrales, reconocidos por el derecho internacional y protegidos por el Convenio 169 de la OIT, que el Estado chileno ha suscrito. Esta colonización recuerda a la que sufrieron sus antepasados cuando los que venían de la Europa blanca afirmaban haber descubierto el « nuevo mundo » y pretendían que el mundo desarrollado sólo podía guiarse por la Modernidad eurocéntrica. Que, recordemos, fue realizada por intermedio de crímenes de genocidio y robo, que en derecho constituyen un acto ilegal que requiere reparación. Está claro que la lucha mapuche por su tierra forma parte de la continuidad paradigmática de la superioridad de la raza y del capitalismo depredador.  Su lucha es también una lucha contra el racismo estructural y contra el capitalismo liberal. Se podría haber pensado que su situación mejoraría tras la elección del Presidente Gabriel Boric; ¿no aseguró éste, en el momento de su investidura, que « nuestra generación ha entrado en la vida pública exigiendo que nuestros derechos sean reconocidos como tales y no tratados como bienes de consumo? ¿Y no aseguró a sus conciudadanos que sólo una nueva Constitución podría garantizar la democracia en Chile?

Si el proyecto de Constitución está pendiente, una parte del pueblo chileno tiene buenas razones para estar preocupada por este nuevo proyecto constitucional cuando sabemos que la Comisión Chilena de Derechos Humanos, en una declaración apoyada por más de 200 organizaciones del movimiento social así como numerosas personalidades, está alarmada por su contenido que considera antidemocrático y en total oposición al derecho de autodeterminación del pueblo chileno.

Mientras tanto, Gabriel Boric se ha visto atrapado en la « política real »; en minoría en el Parlamento, ante una situación económica desastrosa que ahonda aún más las desigualdades, se contenta con proponer medidas paliativas que no responden a las expectativas de los movimientos sociales. Frente a las reivindicaciones anticoloniales y legítimas de los mapuches que aún viven en el interior de sus territorios ancestrales, se ha contentado con seguir la política colonial de sus predecesores, entre otras cosas aceptando que su Gobierno enviara fuerzas militares a Aracaunia para asegurar las carreteras y proteger los convoyes de las empresas madereras y declarando, en mayo de 2022, el estado de excepción en esta región, renovado cada 15 días y en curso de prolongarse por 6 meses. Decisión apoyada por el Partido Comunista chileno. Esto no merece ningún comentario.

En una palabra, cautela los intereses de los propietarios forestales que siguen expandiéndose por territorios que el Estado debe proteger. Y para ello, nada mejor que demostrar, por cualquier medio, que los mapuches son terroristas, son una amenaza, justificando el uso de la ley antiterrorista/13-134 aprobada por la dictadura de Pinochet y nunca derogada ; medidas liberticidas y atentatorias a los derechos humanos, incompatibles con cualquier estado democrático o que se precie de serlo.

Poco ha importado la violación de normas imperativas, incluida la Carta de las Naciones Unidas (Preámbulo de la Carta de las Naciones Unidas, 26/06/1945), los dos Pactos Internacionales de 1966 (Artículos 1 y 2; Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos y Pacto Internacional de Derechos Económicos, Sociales y Culturales) y el derecho al desarrollo (Declaración sobre el Derecho al Desarrollo, adoptada por la Asamblea General en su resolución 41/128, de 4 de diciembre de 1986). Esta ley nunca ha dejado de ser utilizada por los sucesores de Pinochet, incluida Michelle Bachelet durante sus dos mandatos (2006-2010 y 2014 – 2018). Esta última afirmó en 2013 durante su candidatura a un segundo mandato que « no necesitamos la ley antiterrorista » para Chile. Sin embargo, su gobierno la convocó en enero de 2018 contra dirigentes mapuches, acusándolos de tráfico de armas entre Chile y Argentina. Se trataba de una acusación basada en pruebas fabricadas por los servicios de inteligencia. A día de hoy, no se ha iniciado ningún procedimiento para identificar a los políticos que enviaron a la cárcel al menos ocho líderes mapuches tras un juicio expeditivo. Al año siguiente, Michelle Bachelet fue nombrada Alta Comisionada del Consejo de Derechos Humanos (2018-2022).

Nada más normal en un contexto general donde la normalización capitalista, racista y liberal pretende erradicar cualquier conflicto, entre otras cosas imponiendo la lucha contra el terrorismo como nuevo paradigma de dominación; siendo el objetivo limitar, impedir o incluso eliminar el ejercicio efectivo de los derechos fundamentales, criminalizando cualquier tipo de actividad, incluida la de los Mapuche, pero también la de los migrantes, los racializados o todos aquellos que se solidarizan actuando junto a las víctimas de la colonialidad del poder y del Ser. Poco importa la deslegitimación y la desestructuración de las normas imperativas del derecho internacional y del derecho internacional humanitario. Al interior de instituciones como la ONU, el derecho internacional se utiliza cada vez más como instrumento de represión, y lo mismo ocurre con el derecho nacional. Poco importan los informes de los expertos, las declaraciones de las organizaciones, poco importan las movilizaciones. El orden establecido y guiado principalmente por las instituciones financieras internacionales debe ser socavado lo menos posible por las exigencias, y menos aún por las formuladas por los no-seres, por legítimas que sean.

Mireille Fanon Mendès-France

Co-presidente de la Fundación Frantz Fanon

Ex experta de la ONU

Chili, the Mapuche and the government

The Frantz Fanon Foundation visited Chile twice, in December 2010 and April 2011, as an observer at the trials of Mapuche activists, some of whom were members of the CAM (Coordinacion Araucano Malleco), who were tried for acts of resistance against the militarization and theft of their ancestral Mapuche territories. It should be remembered that in the face of colonial domination and violence against colonized peoples – including the Mapuche people – the General Assembly of the United Nations expressed its conviction that « (… ) the process of liberation is irresistible and irreversible and that, in order to avoid serious crises, it is necessary to put an end to colonialism and to all practices of segregation and discrimination (…) (G. A. resolution 1514 (XV), (1961) ; declaration on the granting of independence to colonial countries and peoples) ».

Chile, which prides itself on being a democratic state, and which it defends firmly both in the Security Council and in the Human Rights Council, engages its responsibility by keeping the Mapuche people under colonial domination.

The Mapuche have been mobilizing for more than 50 years against the investment projects of transnational corporations in the hydroelectric and forestry sectors.

At present, Mapuche people are detained in different prisons in the country, most of them very far from their families, which restricts their right to visit. In the one of Angol, where their conditions of detention are inhuman and inadmissible; to denounce this degrading situation, these political prisoners have started a hunger strike. Hector Llaitul (photo below; personal credit), CAM leader, who has made several stays in prison, including one in 2011 -on that occasion the Frantz Fanon Foundation met him in Canete-, participated in this 45-day strike. It was ended on January 11, 2023. Hector Llaitul, who is awaiting trial, is accused of undermining the security of the State -Law 13/134 will apply-, theft of wood and usurpation of land. It is interesting to see the flip-flop of a dominant state system that plays with its obligations by inverting the charge of proof to make the victim the criminal!

They also denounce the arbitrary imprisonment of which they are victims, the permanent persecutions that they undergo, the negation of their customary rights, rights that have been denied, or even eliminated, in favor of Western forms of law, with an intensive attack on everything related to land law. This law, imposed on indigenous peoples but also on African peoples and more generally on all colonized peoples, including in France – among others, with the colonies of Martinique, Guadeloupe, Reunion, Guyana, Mayotte – has also resulted in the non-recognition of customary rights in the face of the outside world. A form of colonization added to the colonial act introduced in 1492.

The colonization of Mapuche lands challenges their fundamental rights, including their right to sovereignty and their ancestral territories, recognized by international law and protected by ILO Convention 169, which the Chilean state has signed. This colonization is reminiscent of the colonization suffered by their ancestors when those who came from white Europe claimed to have discovered the « new world » and affirmed that the developed world could only be guided by Eurocentric Modernity. It should be remembered that this was achieved as a result of the crimes of genocide and theft, which in law constitute an illicit act requiring reparations. It is clear that the struggle of the Mapuche for their land is against the paradigmatic continuity of racial superiority and predatory capitalism.  

One would have thought that their situation would improve following the election of President Gabriel Boric; had he not, during his inauguration, assured his fellow citizens that « our generation has entered public life by demanding that our rights be recognized as such and not be treated as consumer goods? » And did he not assure his fellow citizens that only a new constitution could guarantee democracy in Chile?

If the draft constitution is pending, part of the Chilean people has good reason to be worried about this new constitutional project when we know that the Chilean Commission of Human Rights, in a declaration supported by more than 200 organizations of the social movement as well as by many personalities, is alarmed by its content which it considers anti-democratic and in total opposition to the right of self-determination of the Chilean people

In the meantime, Gabriel Boric has been caught up in « real politics »; in a minority in Parliament, faced with a disastrous economic situation that is further deepening inequalities, he is content to propose palliative measures that do not meet the expectations of social movements. Faced with the anti-colonial and legitimate demands of the Mapuche people still living in their ancestral territories, he follows the colonial policies of his predecessors, among other things by accepting that his government send military forces to Aracaunia to secure the roads and protect the convoys of the logging companies and by declaring, in May 2022, the state of exception renewed every 15 days and in the process of being renewed for a period of 6 months. In a word, it lends a hand to the forest owners who continue their expansion on territories that the State must protect. decision supported by the Chilean Communist Party. No comment.

And to do this, nothing better than to prove, by all means, that the Mapuche are terrorists, are a threat, justifying the recourse to the anti-terrorist law/13-134 adopted by the Pinochet dictatorship and never abolished justifying liberticidal measures and attacks on human rights, measures incompatible with any democratic state or one that claims to be democratic.

 Never mind the violation of imperative norms, such as the United Nations Charter (Preamble of the Charter of the United Nations, 26/06/1945), the two International Covenants of 1966 (Articles 1 and 2; International Covenant on Civil and Political Rights and International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights) and the right to development (Declaration on the Right to Development, adopted by the General Assembly in its resolution 41/128 of 4 December 1986). to the right to self-determination of the Chilean people.

This law has never ceased to be used by Pinochet’s successors, including Michelle Bachelet during her two terms in office (2006-2010 and 2014 – 2018).

The latter had stated in 2013 during her run for a second term that, for Chile, « we do not need the anti-terrorism law. » Yet her government summoned her, in January 2018, against Mapuche leaders accusing them of arms trafficking between Chile and Argentina. This was an accusation based on evidence fabricated by the intelligence services. Until today no proceedings have been initiated to identify the politicians who sent at least eight Mapuche leaders to prison after a summary trial.

The following year, Michelle Bachelet was appointed High Commissioner of the Human Rights Council (2018-2022)!

Nothing but very normal in a general context where the capitalist, racist and liberal normalization aims to eradicate any conflict, among other things by imposing the fight against terrorism as a new paradigm of domination; the objective being to limit, prevent, or even eliminate the effective exercise of fundamental rights by criminalizing any type of activity, including that of the Mapuche, but also that of migrants, of racialized people or of all those who are in solidarity by acting alongside the victims of the coloniality of power and of Being.

It does not matter that the peremptory norms of international law and international humanitarian law have been delegitimized and destructured. In institutions such as the UN, international law appears to be used more and more as an instrument of repression, and this is also true for national law. No matter the reports issued by experts, no matter the declarations of organizations, no matter the mobilizations. The world economic order established and guided mainly by the IFI’s must be undermined as little as possible by claims, and even less by those made by non-beings, however legitimate they may be.

Mireille Fanon Mendes France

Co-chair, Frantz Fanon Foundation

Ex UN Expert

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