VERS UNE POSSIBLE REOUVERTURE DU DOSSIER MUMIA ABU JAMAL

En tout début d’année, la Fondation Frantz Fanon a lancé un appel international(pour en prendre connaissance, suivre le lien suivant : frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/) demandant au gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf, et au procureur de Philadelphie, Larry Krasner, d’obtenir que l’ensemble des pièces constituant le dossier de Mumia Abu Jamal soit transmis à ses avocats. Est pointé le fait que le juge, Ronald Castille, qui a, plusieurs fois, entre autres de 1998 à 2014, refusé de recevoir les appels déposés par Mumia, a agi de manière qui contrevient au droit à un procès équitable. Il doit être ajouté que ce juge est un fervent défenseur de l’Ordre fraternel de la police, syndicat de policiers d’extrême droite qui s’acharne contre Mumia Abu Jamal au prétexte qu’il aurait tué le policier, William Faulkner, membre de ce syndicat. Aucune preuve n’a jamais pu être apportée.

Une première audience, à laquelle assistait un membre de la Fondation Frantz Fanon, a eu lieu le 17 janvier à Philadelphie devant la cour d’Etat de Pennsylvanie (Common Pleas) pour obtenir une décision sur la transmission de l’ensemble des pièces du dossier.

Les représentants de Larry Krasner, élu procureur depuis le 2 janvier 2018, ont demandé un report de 60 jours, au prétexte qu’ils n’auraient pas une connaissance suffisante du dossier, entre autres concernant les 18 demandes de recours en contestation dans lesquelles le juge Castille est impliqué. Rappelons que l’un de ces refus avait abouti à la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal.

Les avocats de Mumia, Judith Ritter et Sam Spital, ont insisté pour que soit communiqué le mémoire montrant l’implication de Ron Castille dans la condamnation à mort de Mumia et lors des appels successifs. D’une part, ce juge était district attorney entre 1986 et 1991 lors des premiers appels de Mumia, et d’autre part, il fut élu à la cour suprême de Pennsylvanie de 1998 à 2014. Il s’est trouvé dans la situation d’être à la fois « juge et partie « , ce qui ne permet pas une justice impartiale. Ce qui est hautement répréhensible, ce qu’a confirmé la Cour suprême des Etats Unis par la jurisprudence émise à la suite de l’affaire Williams v. Pennsylvania.

Pour ce qui est de la transmission des différentes pièces, le bureau de l’ancien procureur, aujourd’hui en prison pour corruption, maintient que ce mémoire reste introuvable et maintenant qu’il est perdu.

Le juge Tucker présidant la Common Pleas a décidé d’une réunion de travail entre les parties le 26 février prochain ; il a par ailleurs précisé que si le mémoire ou tout autre document écrit prouvant l’implication de Ron Castille, n’était pas produit, il n’hésiterait pas à convoquer les différentes personnes ayant travaillé sur ce dossier.

La prochaine audience publique est fixée au 27 mars prochain.

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