La Fundación Frantz Fanon apoya la lucha de los presos políticos chilenos

París, 23 de octubre de 2021

Reunión organizada por la Red Internacional de Apoyo a los Presos Políticos en Chile

 La Fundación Frantz Fanon apoya la lucha de los presos políticos chilenos, encarcelados desde hace dos años por denunciar las políticas liberales del Estado chileno, que se desentiende de sus obligaciones al elegir orientaciones económicas y sociales que hunden a los pueblos más precarios y racializados, entre ellos los Mapuches y los Afrochilenos, en zonas de relegación social y cultural. Estos jóvenes presos políticos, en su mayoría escolares y estudiantes, están comprometidos con la defensa de los derechos económicos, sociales, culturales y medioambientales frente a un Estado que hace tiempo que no cumple con su función de regulador social. Para ello, el Estado chileno nunca ha abandonado la doctrina autoritaria y represiva de la dictadura de Pinochet. No olvidemos que a pesar de las numerosas movilizaciones y reivindicaciones de las organizaciones chilenas, la ley antiterrorista nunca ha sido derogada. Por el contrario, se utiliza como medio de represión contra el pueblo mapuche que lucha por sus derechos ancestrales a la tierra, y contra todos aquellos que denuncian las políticas coloniales de dominación liberal.

 Así, el presidente chileno acaba de declarar el estado de emergencia en dos regiones de Chile donde viven esencialmente Mapuche que luchan por su derecho a la autonomía, mientras la mayor parte de sus tierras han sido ocupadas ilegalmente por el Estado o por empresas transnacionales. El Estado chileno, reconocido por el FMI[1] como uno de los países económicamente más estables de Sudamérica, prefiere utilizar a la policía y al ejército para reprimir las manifestaciones y al poder judicial para llevar a cabo juicios en total negación de la ley.

Permítanme recordarles que la ley antiterrorista, la Ley 18-314, fue mantenida por la Presidenta Bachelet, que ahora resulta ser Alta Comisionada ante el Consejo de Derechos Humanos. Este punto no debe ser ignorado, ya que demuestra cómo el sistema capitalista, colonial, racista y liberal se revuelca en la ignominia y se burla del derecho de los pueblos a la autodeterminación y de la dignidad de todos los que considera no-seres. Este es un buen ejemplo de la colonialidad del poder, que se autoperpetúa al nombrar para puestos de responsabilidad a personas que tienen las manos manchadas de sangre.

Nuestra movilización y solidaridad política debe estar a la altura de los retos que se nos plantean si queremos hacer frente al caos que prepara este nuevo orden mundial. Debemos hacer campaña a nivel internacional contra las leyes de emergencia y las leyes antiterroristas que puntúan y destruyen la vida, en todo lugar del mundo.

Movilicémonos para exigir el fin tanto de las políticas policiales abusivas como de la militarización de las regiones ricas en recursos codiciados para el bienestar de los países ricos.

 Movilicémonos para que en ningún lugar se considere terrorista a quien lucha por los derechos fundamentales y los proyectos alternativos a este orden de miseria y muerte. Debemos poner fin a su afirmación de que el ejercicio legítimo y legal del derecho a manifestar las propias ideas equivale a actividades ilícitas o incluso delictivas, lo que es contrario a todas las normas internacionales de protección de los derechos humanos.

 Opongámonos a su mentira que decide que el terrorismo, la delincuencia transfronteriza, las migraciones, los desplazamientos contra las cumbres y la resistencia a los proyectos mortíferos deben ser perseguidos y castigados, sin distinción de fondo pero con la misma intensidad.

 Estas lógicas de seguridad no pueden existir y justificarse sin que el «otro» sea utilizado como chivo expiatorio; se le presenta y asimila como una amenaza, lo que pretende anclar en el inconsciente colectivo que los migrantes o los indígenas o las personas de origen africano o los jóvenes que desean formar parte de un proyecto alternativo de sociedad son portadores «naturales» del virus del terrorismo, de la criminalidad, ¡incluso de la agresión!

Esta jornada por los presos políticos chilenos, organizada por RIAPPECH, debe expresar nuestro rechazo a la colonialidad en las relaciones e instituciones sociales, así como en las relaciones internacionales; nunca ha desaparecido de la mente de quienes dominan y organizan el mundo según sus intereses. La lucha de los presos políticos, estén donde estén, forma parte de la lucha decolonial por el surgimiento de un proyecto alternativo.

 Mireille Fanon-Mendes-France

 Fundación Frantz Fanon


Message de Mireille Fanon Mendès-France, Fondation Frantz Fanon, à la réunion organisée par le Réseau international d’appui aux prisonniers politiques au Chili

  Paris, le 23 octobre 2021

La Fondation Frantz Fanon soutient la lutte des prisonniers politiques chiliens emprisonnés depuis deux ans pour avoir dénoncé les politiques libérales de l’Etat chilien qui se défausse de ses obligations en faisant le choix d’orientations économiques et sociales qui plonge les plus précaires et les racisés, dont les Mapuches les Afro chiliens, dans des zones de relégation sociale et culturelle. Ces jeunes prisonniers politiques, car ce sont majoritairement des scolaires et des étudiants, s’engagent dans la défense des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux face à un Etat qui n’assure plus depuis longtemps son rôle social de régulation. Pour ce faire, l’Etat chilien n’a jamais abandonné la doctrine autoritaire et répressive de la dictature Pinochet. N’oublions pas que malgré les nombreuses mobilisations et les demandes déposées par des organisations chiliennes, la loi antiterroriste n’a jamais été abrogée. Au contraire, elle sert de moyen de répression contre le peuple Mapuche qui lutte pour ses droits ancestraux à la terre, et contre tous ceux qui dénoncent les politiques coloniales de domination libérale. 

 Ainsi, le président chilien vient d’instaurer l’état d’urgence dans deux régions chiliennes où vivent essentiellement des Mapuche luttant pour leur droit à l’autonomie alors que la plupart de leurs terres sont illégalement occupées ou par l’Etat ou par des transnationales. L’Etat chilien, reconnu par le FMI[1] comme l’un des pays les plus stables économiquement de l’Amérique du Sud, préfère utiliser la police et l’armée pour réprimer les manifestations et la justice pour mener des procès en total déni du droit.

 Permettez-moi de rappeler que la loi antiterroriste, loi 18-314, a été maintenue par la présidente Bachelet qui se trouve être maintenant Haut-Commissaire au Conseil des droits de l’homme. Ce point ne doit pas être ignoré, il démontre comment le système capitaliste, colonial, raciste et libéral, se vautre dans l’ignominie et se joue du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la dignité de tous ceux qu’il considère comme des Non Êtres. C’est là un bel exemple de la colonialité du pouvoir qui s’auto-perpétue en nommant à des postes à responsabilité des personnes qui ont du sang sur les mains. Notre mobilisation et notre solidarité politique doivent être à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés si nous voulons faire face au chaos que ce nouvel ordre mondial prépare. Nous devons mener campagne internationalement contre les lois d’exception et contre les lois antiterroristes qui rythment et saccagent la vie, où que cela soit dans le monde. 

Mobilisons-nous pour exiger la fin aussi bien des politiques policières abusives que la militarisation des régions riches en ressources naturelles convoitées pour le bien-être des pays riches. 

 Mobilisons-nous pour que nulle part ceux qui luttent pour les droits fondamentaux et des projets alternatifs à cet ordre de misère et de mort, ne soient considérés comme des terroristes. Il faut en finir avec leur affirmation qui assimile l’exercice légitime et légal du droit à manifester ses idées à des activités illicites, voire criminelles, ce qui est contraire à toutes les normes internationales de protection des droits humains. 

 Opposons-nous à leur mensonge qui décide que le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la migration, le déplacement pour des contre sommets et la résistance à des projets mortifères doivent être poursuivis et sanctionnés, sans aucune distinction de fond mais avec la même intensité.

Ces logiques sécuritaires ne peuvent exister et se justifier sans que « l’autre » ne serve de bouc émissaire; il est présenté et assimilé à une menace, ce qui vise à ancrer dans l’inconscient collectif que les migrants ou les autochtones ou les personnes d’origine africaine ou les jeunes désirant s’inscrire dans un projet de société alternatif sont porteurs «naturels» du virus du terrorisme, de la criminalité, voire de l’agression!

 Cette journée pour les prisonniers politiques chiliens, organisée par le  RIAPPEC, doit exprimer notre refus de la colonialité aussi bien dans les rapports sociaux et dans les institutions que dans les relations internationales ; elle n’a jamais disparu des esprits et particulièrement de ceux qui dominent et organisent le monde en fonction de leurs intérêts. La lutte des prisonniers politiques, où qu’ils soient, fait partie de la lutte décoloniale pour l’émergence d’un projet alternatif. 

Mireille Fanon-Mendes-France

Fondation Frantz Fanon

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